« L’habituel défaut de l’homme est de ne pas prévoir l’orage par beau temps. » disait Machiavel. Mais alors, faut-il anticiper le beau temps pendant l’orage ? Durant notre cycle thématique sur le management et la gestion RH en temps de crise, organisé en collaboration avec Accenture France la semaine dernière, nous avons abordé la thématique du leadership. Pourquoi avons-nous aujourd’hui plus que jamais besoin de leaders ? Quelles qualités un leader doit-il nourrir en temps de crise ? Un leader peut-il avancer seul ? Autant de questions auxquelles nous avons essayé d’apporter un début  de réponse, comme un guide pour envisager l’après et ne plus être pris au dépourvu.

Par les temps qui courent, les injonctions contradictoires – ce qu’on peut faire, ce qu’on ne peut pas faire, ce qu’on devrait faire, ce qu’on pourrait faire, etc. – fusent de toutes parts. Sur le plan professionnel comme personnel. La crise actuelle n’est pas que sanitaire, c’est aussi une crise de sens. Il est donc plus que jamais nécessaire de proposer une vision, de fixer un cap pour orienter les forces en puissance, bref : faire preuve de leadership.

Des richesses existantes à révéler

Et si notre obstination à imaginer le monde d’après témoignait d’une difficulté à regarder en face le présent ? Ce travail d’introspection est pourtant indispensable si l’on veut dépasser ce trauma et comprendre ce qui nous a amené là où nous sommes. Un travail d’autant plus nécessaire que les ressources avec lesquelles nous construirons la suite sont celles dont nous disposons aujourd’hui. Il est donc crucial d’apprendre à les valoriser et les développer.

Inutile de le nier, le confinement que nous vivons entraîne une perte de repères sans précédent. Nos rituels quotidiens sont mis à l’épreuve et doivent même être réinventés. Si les besoins primaires font leur grand retour et que la sécurité redevient la priorité, le haut de la pyramide de Maslow n’est pas pour autant parti en fumée, comme le soulignait mardi dernier Carole Arnaud, Directrice de Mission Talent & Organization chez Accenture Strategy. Nous avons toujours, si ce n’est plus, besoin de nous sentir appartenir à quelque chose de plus grand que nous. Là encore, il est fondamental de nous appuyer sur des éléments de continuité en renforçant les communautés existantes.

Quand vient l’orage s’affirment les leaders 

C’est quand les circonstances sont incertaines que les vrais leaders se reconnaissent. Et ceux qui s’en sortent le mieux sont ceux qui misent sur la résilience et non sur l’excellence. La débrouillardise, l’inventivité, la connaissance de soi sont autant de boussoles indispensables quand le sol se dérobe sous nos pieds. Il faut savoir s’éloigner des façons de faire et des certitudes pré-établies, et apprendre à s’adapter, ce qui suppose de prendre conscience de ses forces et ses faiblesses. Pour autant, au-delà de qualités individuelles, le leadership se reconnaît avant tout dans son impact sur le collectif. 

Comme l’a pointé Charlotte Girard-Fabre, ancienne athlète olympique et coach de dirigeants : « valoriser les ressources matérielles et immatérielles est une compétence clef pour tout leader ». Le leader doit donc être le pivot de l’organisation, un catalyseur pour concentrer les énergies et permettre aux membres d’une communauté de se sentir utiles, comme l’affirmait de son côté Carole Arnaud. Il est aussi une figure de confiance qui incarne l’organisation lorsque celle-ci se trouve éclatée. Alors que les règles et mesures de distanciation sociale alimentent aussi bien une forme de défiance physique qu’un désir exacerbé d’interactions, manager signifie plus que jamais savoir rassembler.

Nul besoin d’avoir toutes les réponses

Or, rassembler à distance est un défi. C’est une évidence, mais il faut toujours le garder en tête. Slack, Zoom, Trello, Telegram… Les outils à notre disposition sont nombreux, mais aucun ne constitue une panacée. Et aussi intuitifs que puissent être ces outils, le télétravail est un mode d’organisation qui comporte son lot d’embûches. Travailler efficacement à distance demande « un vrai apprentissage » comme l’expliquait Dominique Movellan de MAIFJulien Fanon, de chez Accenture Strategy, reconnaissait même que « parfois ça ne marche pas ». Finalement, tous nos intervenants se sont accordés sur une chose : le seul conseil qui vaille reste d’expérimenter et d’être à l’écoute de ses équipes.

Dans les moments que nous traversons, chacun est en proie au doute, et il n’y a pas lieu de s’en cacher. Au contraire : reconnaître cette vulnérabilité fondamentale est le préalable pour établir une confiance mutuelle. Il devient alors plus facile de comprendre les attentes des membres de son équipe, et donc d’adapter leurs missions pour correspondre à leurs envies. Dans cette optique, Benoît Praly, fondateur de Domoscio, préconise « transparence, solidarité et patience ». Être clair sur sa stratégie est essentiel, mais savoir faire part de ses doutes et de ses incertitudes quand ils sont là l’est encore plus.

En conclusion, c’est l’exigence de collaboration accrue entre des acteurs variés qui rend d’autant plus nécessaire un leadership efficace et humain. Créatifs, éloquents, sensibles, critiques… les leaders sont multiples et ne se ressemblent pas, mais tous sont acteurs et moteurs du changement. Au Maif Start Up Club, nous sommes convaincus que pour inventer le leadership adapté aux temps de crise, il faut apprendre à s’associer, voire même à s’hybrider. Nous défendions déjà le concept d’hybridation quand tout allait bien. À présent ce n’est plus une simple option : c’est une exigence. 

Article écrit par Stroïka

Retrouvez tous nos contenus et revivez nos meilleurs moments sur la thématique du #leadership

  • #

    La crise à l’épreuve de la solidarité

    Une crise peut-elle faire l’économie de la solidarité ? C’est la question que nous nous sommes posé à l’occasion de notre cycle thématique « solidarités d’aujourd’hui » réunissant des acteurs qui ont su faire vivre et réinventer la solidarité. Ils ont donc répondu à beaucoup…
  • Leadership

    #

    Un leader peut-il faire la pluie et le beau temps ?

    « L’habituel défaut de l’homme est de ne pas prévoir l’orage par beau temps. » disait Machiavel. Mais alors, faut-il anticiper le beau temps pendant l’orage ? Durant notre cycle thématique sur le management et la gestion RH en temps de crise, organisé en…

Restez connecté avec l'actu du START UP CLUB