Maxime Blondeau, 35 ans, est l’un des cofondateurs de l’écosyndicat  Printemps Écologique. Fin 2018, il lance avec un groupe de salariés une pétition en ligne : Salariés pour le Climat. L’engouement et les échanges nés de cette initiative ont rapidement germé et l’idée de créer le premier écosyndicat est née. La structure est aujourd’hui à la recherche de financeurs pour pérenniser son action.

L’impact, qu’est-ce que ça signifie pour toi ? Comment cela se matérialise-t-il dans ton activité ?  

Pour nous, l’impact se mesure à trois niveaux distincts. D’abord le développement de la structure syndicale et son succès aux scrutins professionnels : le volume des adhésion constitue un bon indicateur. Le second niveau d’impact s’évalue sur la signature d’accords d’entreprise et d’accords de branche portant sur la transition écologique et sociale. Enfin, plus globalement, le troisième niveau d’impact résidera dans l’adaptation du cadre réglementaire, donc les modifications du code du travail. 

En parallèle, nous élaborons, avec plusieurs dizaines d’associations et d’ONGs partenaires un corpus de 100 revendications. Ces propositions auront pour mission de transformer le code du travail pour l’adapter aux enjeux du siècle, tout en atteignant les objectifs climatiques du GIEC.

As-tu développé des outils et des indicateurs pour mesurer l’impact de vos actions à la fois sur le terrain et en termes de représentations ?

Un syndicat devient représentatif lorsqu’il atteint 10% des scrutins dans une entreprise, et 8% au niveau interprofessionnel et national. Pour parvenir à ces objectifs, il faudra mener des actions pour accroître notre visibilité médiatique ainsi que le volume des engagements des salariés. L’enjeu principal est d’obtenir une ancienneté effective de deux ans sur chaque terrain.

Nos premiers candidats et nos premières campagnes auront lieu en septembre, mais sur le plan des adhésions, nous visons 10 000 adhérents en 2021 et la représentativité pour 2023. Si le nombre d’adhérents revêt pour nous une grande importance, nos deux indicateurs clefs sont le nombre d’élus et surtout le nombre de votants aux élections professionnelles. En tant que fédération de syndicats, ce sont des chiffres auxquels nous portons une grande attention. 

Toutefois, notre principal indicateur de succès réside dans la bifurcation de nos modèles de production : la mise en oeuvre d’une transition écologique et sociale sera le gage de notre impact.

Pour toi, quel rôle le dirigeant doit-il jouer pour mener à bien une initiative qui souhaite avoir de l’impact ?

Aujourd’hui le dirigeant se doit de contribuer à la transformation rapide des modes de gouvernance, pour accélérer la démocratisation de l’entreprise. Mais cela passe nécessairement par un rapport de force : la défense de l’intérêt général et des salariés face à la volonté des actionnaires.

Sa mission sera aussi d’opérer une remise en cause des fondements de la croissance, pour entamer une décroissance sélective, c’est à dire de désinvestissement des filières polluantes. Mais avant tout, le rôle des dirigeants est de déclencher une transition juste sur le plan écologique et social, en signant les accords d’entreprise que nos membres lui soumettrons ! 

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