Chérif Haine est le fondateur de Feuille de Vigne, entreprise de confection textile qui cherche à conjuguer mode éthique et recyclage. Réticent à l’idée de jeter une pile de chemises qu’il ne portait plus, Chérif Haine a eu l’idée d’assembler plusieurs découpes pour en faire un caleçon. Les prototypes achevés, l’idée fait son chemin et Feuille de Vigne voit le jour.

L’impact, qu’est-ce que ça signifie pour toi ? Comment cela se matérialise-t-il dans ton activité ?  

Pour moi l’impact c’est montrer que l’on peut faire les choses différemment, tout en ayant un message et des valeurs. On ne cesse de pointer du doigt les ravages de la fast fashion. Des collections qui changent a minima tous les trois mois, des vêtements que l’on jette après les avoir portés 10 fois, etc. Nous essayons à notre niveau d’apporter des alternatives à ce système qui engendre un réel désastre écologique.  

Dans le cas de Feuille de Vigne, nous essayons d’agir sur les plans environnementaux et sociaux. Nous essayons de combiner économie circulaire (en ayant recours à des chemises de seconde main comme matière première) et économie sociale et solidaire (en travaillant avec des chantiers d’insertion). 

La transformation des chemises en caleçons se fait par le biais d’une association basée à Chartres. Elle emploie 17 personnes en situation de précarité pour des contrats de 18 mois maximum. Cette démarche permet à des hommes et des femmes d’acquérir un savoir-faire, de se former aux métiers de la confection tout en se réinsérant progressivement dans l’emploi. 

Feuille de Vigne s’inscrit dans une démarche systémique en s’appuyant sur les valeurs de l’écologie, de l’économie sociale et solidaire et du Made in France.

As-tu développé des outils et des indicateurs pour mesurer l’impact de vos actions à la fois sur le terrain et en termes de représentations ?

Notre entreprise est encore très jeune et nous n’avons pas, pour le moment, développé notre propres outils ou indicateurs pour mesurer l’impact de nos actions. Cependant nous nous appuyons sur nos outils existants, comme notre site internet ou les réseaux sociaux, pour transmettre nos messages et nos valeurs, ainsi que pour fédérer et interagir avec notre communauté. 

La mesure de l’impact se fait donc principalement par le biais des retours clients, les témoignages et enquêtes de satisfaction. Les retours sont positifs. Notre marque semble correspondre en partie aux nouvelles attentes des consommateurs d’aujourd’hui, c’est-à-dire acheter mais de manière plus responsable.

Nous avons également plusieurs projets de labellisation et de certification en cours, qui nous permettront d’auditer et mesurer plus précisément l’impact de notre marque.

Pour toi, quel rôle le dirigeant doit-il jouer pour mener à bien une initiative qui souhaite avoir de l’impact ?

Selon moi, le dirigeant doit incarner à la fois son produit et les valeurs qu’il porte. Il se doit de se fixer des objectifs réalisables en restant en accord son modèle d’entreprise. Dans le cas de l’économie circulaire, cela passe par exemple par la sélection de matières premières déjà existantes. Ce choix implique de collaborer de façon éthique et responsable avec ses sous-traitants. 

Une initiative à impact se doit de rester cohérente en externe comme en interne. Penser les dispositifs de gouvernance dans un sens plus démocratique ou faire preuve de pédagogie est clef pour mettre en évidence l’intérêt de s’investir dans une société à impact.

Le dirigeant doit bien évidemment penser à la croissance et au développement de son entreprise, mais de manière raisonnée ; sans perdre de vue les valeurs de base qui guident son action.

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