Entreprises à mission, le modèle des entreprises du monde d’après ?

Une production

crédit photo : David Marcu (unsplash)

Si l’urgence de l’agenda s’est imposée à nous et que la crise est venue phagocyter nos esprits, il est aujourd’hui nécessaire d’élargir notre focale, penser au delà du moment sanitaire et s’intéresser au monde que l’on veut faire advenir. Une partie de la réponse aux urgences climatiques, sociales ou sanitaires à nouveau, pourrait résider dans l’apport des entreprises à impact. Bien que ce concept renferme des réalités et des modes opératoires bien différents, toutes les entreprises à impact cheminent sur une ligne de crête :  développer des solutions à des enjeux de société tout en assurant sa pérennité financière n’est pas chose aisée. 

Mais l’ADN du Maif Start Up Club, aiguillé par le contexte actuel, nous conduit naturellement à nous pencher sur l’impact des organisations et la manière dont elles créent de la valeur, bien au delà de leur dimension économique. Toute porte à croire que nous sommes parmi les mieux outillés pour s’y attaquer : le spectre couvert par notre communauté est large, et chacun peut, à son échelle insuffler des changements. 

#De la solidarité à l’impact

Des entrepreneurs engagés, aux entreprises à mission en passant par les start-ups de l’économie sociale et solidaire, beaucoup n’ont pas attendu la crise pour se retrousser les manches. Il nous apparaît comme essentiel de puiser dans leurs savoirs et dans leurs pratiques pour aborder sereinement, sans a priori les défis à relever par les entreprises à impact.

La Table Ronde

Nous vous avions promis une conversation sur la responsabilité politique des entreprises. Elle s’est tenue et elle fut fructueuse. Entre Eva Sadoun, fondatrice de Lita.co et Pascal Demurger, DG de MAIF, un constat est partagé : cette période a révélé de façon éclatante notre vulnérabilité, déchirant nos illusions de toute-puissance. Il convient donc d’assumer une forme de radicalité : « repartir comme avant, ou aller encore plus vite pour rattraper le retard, serait absolument déplorable » a insisté Pascal Demurger. 

Plutôt que d’accélérer, l’après-crise est le moment opportun pour repenser nos systèmes et interroger nos totems. Ne garder en ligne de mire que la seule croissance de l’entreprise finira par grever ses perspectives à long-terme. Il est donc essentiel pour l’entreprise de commencer à prendre en compte l’ensemble de son environnement pour ne pas sombrer avec lui, aux moindres soubresauts. Accepter que l’entreprise est enchâssée dans un système plus grand qu’elle, c’est enfin reconnaître son rôle politique. 

Intégrer la dimension politique de l’entreprise c’est alors se rendre compte de son impact social et tâcher de le rendre bénéfique. Construire un modèle différent pour les entreprises, sans rogner sur la rentabilité est déjà possible. Il maintenant temps de le prouver à tout le monde. 

Ni programme politique, ni théorie révolutionnaire, pas vraiment cours d’économie non plus, cette table ronde fût un peu des trois à la fois. Si vous l’avez manquée, on vous propose de la redécouvrir en replay dès aujourd’hui.

Les Interviews

Pour traiter du sujet des entreprises à mission, qui de mieux que le premier dirigeant d’entreprise à avoir choisi d’adopter ce statut pour son entreprise, dès 2017 et les prémices de la loi PACTE ? C’est donc Emery Jacquillat, PDG de CAMIF et Président de la Communauté des Entreprises à Mission, qui répond à nos questions. Elles seront au nombre de 6, et seront ajoutées chaque jour jusqu’au 20 mai.

Nous poursuivons notre réflexion autour de l’entrepreneuriat à impact avec deux interviews d’acteurs de l’écosystème :

Chérif Haine, fondateur de la marque de textile responsable et Made in France, Feuille de Vigne

Maxime Blondeau, fondateur de l’éco-syndicat Printemps Écologique

Hind Elidrissi, co-fondatrice de Wemind et du syndicat indépendants.co

Nicolas Bard, co-fondateur du réseau de manufactures collaboratives et solidaires Make ICI